La ministre de la défense Ursula von der Leyen ouvre le workshop 

Rédactrice; Inka von Puttkamer; photos: Laura Clayborn, Michael Gundelach

Hambourg, 18.08.2017

 Arrivée de la ministre fédérale de la Défense et du chef d'état-major de la Bundeswehr 
à la Führungsakademie

Arrivée de la ministre fédérale de la Défense et du chef d'état-major de la Bundeswehr à la Führungsakademie

Le GCA Volker Wieker, Ursula von der Leyen, ministre de la Défense, et le vice-amiral Stawitzi

Le GCA Volker Wieker, Ursula von der Leyen, ministre de la Défense, et le vice-amiral Stawitzi

La ministre de la défense Ursula von der Leyen ouvre le workshop

La ministre de la défense Ursula von der Leyen ouvre le workshop

Participants au workshop sur les directives relatives à la conception et au maintien des traditions 
au sein de la Bundeswehr

Participants au workshop sur les directives relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr

Prof. Dr. Loretana de Libero lors de son exposé informatif

Prof. Dr. Loretana de Libero lors de son exposé informatif

Le général de corps d'armée aérien (ER) Ton van Loon lors de son intervention

Le général de corps d'armée aérien (ER) Ton van Loon lors de son intervention

Dr. Ursula von der Leyen, ministre fédérale, a ouvert le premier workshop à la Führungsakademie de la Bundeswehr (FüAkBw) destiné à revoir les directives de 1982 relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr. En coopération avec des soldats allemands et de militaires de nations amies ainsi que de représentants politiques, religieux et sociétaux, une nouvelle directive sera élaborée dans le cadre de quatre sessions en tout. Après Hambourg, elles se tiendront à Coblence, Potsdam et Berlin. Le thème de cette première session est intitulé : « La tradition de la Bundeswehr replacée dans le contexte d'identité européenne de défense et de partenariat de sécurité transatlantique. »

« Il n'y a pas d'endroit mieux approprié »

Pour deux raisons, la Führungsakademie de la Bundeswehr est le site privilégié pour entamer ces sessions, souligne Mme von der Leyen. D'une part, la Führungsakademie est assure la formation des futurs chefs militaires au plus haut niveau ; à ce titre, il lui revient de débattre intensivement de tels sujets, et par conséquent aussi de la conception de la tradition au sein de la Bundeswehr. D'autre part, les militaires viennent d'horizons les plus divers. Il suffit de passer en revue l'auditoire. Un quart des quelque 300 auditeurs sont des représentants de forces armées de nations étrangères qui suivent des stages à la Führungsakademie et apportent leur expertise. Le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie, considère comme un honneur que la Führungsakademie soit l'organisatrice de cette session inaugurative. Dans son allocution d'accueil, il souhaite que chacun, en menant une réflexion intellectuelle sur le passé, contribue ainsi à répondre aux questions portant sur l'avenir.

Quatre changements essentiels depuis 1982

Rappelant brièvement qu'en 2017, l'existence de la Bundeswehr, en nombre d'années, a été multipliée par deux par rapport à 1982 et que, par conséquent, les forces armées allemandes ont, à leur actif, deux fois plus d'expériences, Mme von der Leyen en vient à parler des facteurs qui ont changé pour la Bundeswehr depuis la promulgation des directives relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr : Après la dissuasion pendant la Guerre froide, l'Allemagne est passé à une armée d'intervention au service tant de la défense de l'Alliance que de la gestion de crises internationales. L'identité professionnelle du militaire a, par la même, évolué car le prix de la vie du soldat ne relève plus de la théorie, mais fait partie de la réalité opérationnelle. En parallèle, la Bundeswehr a supprimé le service militaire obligatoire et la venue de nouveaux militaires a élargi son profil, en termes de parité homme/femme ou de biographies diversifiées. D'autre part, la ministre fédérale de la Défense souligne la multinationalité de la Bundeswehr. L'engagement de la Bundeswehr vis-à-vis des partenaires, de l'OTAN et de l'UE est entretemps une évidence. Son dernier point porte sur la société : aujourd'hui certes plus ouverte, elle est en même temps plus critique. Tous ces développements exigent que le concept de tradition soit révisé.

Acceptation au sein de la société

« La tradition dans la Bundeswehr soit servir de boussole qui peut permettre à nos soldats de s'orienter, de se sentir soutenus et d'avoir des points de repères pour leurs actions. Ceci vaut tant pour la vie quotidienne en garnison qu’en opération. Mais ce peut être aussi dans des situations existentielles extrêmes qui peuvent survenir en opération. » Compte tenu du caractère ambitieux du projet, le remaniement des directives relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr ne doit pas être précipité, précise Mme von der Leyen. Ce qui lui importe grandement, c'est de promouvoir l'ancrage de la conception de la tradition de la Bundeswehr dans la société, l'histoire et notre monde contemporain. Ceci justifie la présence des nombeux représentants civils dans les workshops. En effet, seulement si la société comprend ce qui fait la fierté des soldats de la Bundeswehr, elle pourra, en contrepartie, être fière de ses forces armées.

« La Wehrmacht ne saurait être source de tradition »

L'identité de la Bundeswehr doit se refléter dans la conception de la tradition. Celle-ci comprend les valeurs de liberté que le soldat s'engage à défendre au prix de sa vie, mais aussi les vertus militaires comme la vaillance, la camaraderie, la sincérité et l'accompagnement social et humain. Toutefois, dans la recherche de « Vorbilder », de modèles à suivre, Mme von der Leyen exhorte à la prudence. En effet, si l'on considère des personnalités issues des forces armées allemandes des temps passés, on constate des failles, des incohérences et des points donnant lieu à des discussions. Il faut toujours se replacer dans le contexte historique pour examiner les faits, le sens et l'objectif. La Wehrmacht ne saurait être une source de tradition pour la Bundeswehr, souligne la ministre tout en précisant que certaines personnes ayant porté l'uniforme de la Wehrmacht, p. ex. le colonel Claus Schenk Graf von Stauffenberg, peuvent très bien servir de modèles. L'étude ne saurait être suffisamment approfondie pour parvenir à une conception de tradition saine. En distinguant ainsi histoire et tradition, des événements survenus dans la Bundeswehr après 1982 peuvent aussi contribuer à une tradition placée sous le signe de la fierté. Néanmoins, la ministre souligne aussi que la Bundeswehr a une histoire dont il vaut la peine de parler.

Culture (inter)nationale de la mémoire militaire

Avant que les participants des quatre groupes ne rejoignent leur groupe respectif pour approfondir la thématique, Prof. Dr. Loretana de Libero de la Führungsakademie axe son allocation sur la culture allemande de la mémoire militaire et Ton van Loon, général de corps d'armée (ER) des forces armées néerlandaises, brosse un portrait de la culture de la mémoire militaire dans un contexte international. Mme De Libero évoque « un sentiment de gêne » au sein de la Bundeswehr lorsqu'il s'agit de porter une appréciation de ses propres performances. Elle cite de nombreux exemples pour montrer qu'il existe suffisamment d'événements et de personnes dans l'histoire contemporaine qui pourraient être sources de tradition. Les soldats tués au combat sont honorés dans le « Bois du souvenir » à Potsdam. Ce sont bien là des approches constitutives d'une tradition issues des opérations extérieures de la Bundeswehr. Elle résume que la Bundeswehr, faisant partie de la génération des 50 ans et plus, n'est pas encore consciente du répertoire impressionnant qu'elle est en mesure d'offrir. Van Loon rejoint les paroles de la ministre et précise que la tradition est une partie de l'« esprit de corps » qui motive le soldat au combat et lui donne des repères en opération. La tradition contribue aussi à la cohésion soit entre compagnies ou entre unités multinationales. La tradition est aussi un phénomène vivant, précise-t-il et cite pour exemple l'introduction du service militaire obligatoire pour les femmes aux Pays-Bas en 2017. Il ferme la boucle en revenant à l'objectif du remaniement des directives relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr: « Le progrès n'est pas un prétexte pour ne rien changer ; il est au contraire une invitation au changement. »

Autres informations :

Pour lire le discours complet de la ministre fédérale de la Défense, Dr. Ursula von der Leyen, cliquez ici hier

Le lien suivant LIEN donne accès à l'allocution du Prof. de LiberoLINK