Ehrwürdiger Abschied vor über 400 Soldaten

Rédactrice : Christiane Rodenbücher ; photos : Katharina Roggmann 

Hambourg, 09.05.2018

Marche du détachement d'honneur

Marche du détachement d'honneur

Amiral Stawitzki adresse tous ses remerciements aux personnels de la Führungsakademie

Amiral Stawitzki adresse tous ses remerciements aux personnels de la Führungsakademie

Le drapeau de corps en marche pour la passation de commandement

Le drapeau de corps en marche pour la passation de commandement

Le drapeau de corps est dans de nouvelles mains

Le drapeau de corps est dans de nouvelles mains

Le vice-amiral Stawitzki, commandant sortan

Le vice-amiral Stawitzki, commandant sortant

Le général de brigade Oliver Martin Kohl prend le commandement

Le général de brigade Oliver Martin Kohl prend le commandement

Le vice-amiral d'escadre Rühle donne le commandement au nouveau commandant de la Führungsakademie

Le vice-amiral d'escadre Rühle donne le commandement au nouveau commandant de la Führungsakademie

Un départ avec les honneurs après presque deux années de service à la Führungsakademie : C'est sous un soleil radieux que quelque 400 soldats venus de toute l'Allemagne et des nations partenaires d'Europe les plus proches ainsi que des collaborateurs civils se sont rassemblés ce 9 mai 2018 à la Caserne Clausewitz pour dire au revoir au vice-amiral Carsten Stawitzki. Les mois passés ont été une période mouvementée, marqué par un engagement hors-pair et l'émergence de nombreuses initiatives. Dans le cadre du « nouveau développement de la Führungsakademie », l'amiral Stawitzki a fait bouger beaucoup de choses.

De nombreux invités à Hambourg

C'est désormais le général de brigade Oliver Kohl qui prend le commandement de la Führungsakademie après le départ de l'amiral Stawitzki. 400 invités militaires et civils issus de l'économie, de la politique, des sciences et de la société étaient présents à cette cérémonie. Le vice-amiral d'escadre Rühle, chef d’état-major adjoint de la Bundeswehr, a passé le commandement au général Kohl. C'est la première fois qu'une telle cérémonie de passation de commandement est organisée depuis que la Führungsakademie est directement subordonnée au chef d'état-major de la Bundeswehr.

Des progrès considérables

Dans les plus de 60 ans d'histoire de la Bundeswehr et dans les plus de 25 ans de « l'armée de l'unité », la Führungsakademie s'impose comme une composante incontournable de l'histoire de nos forces armées ; à ce propos, l'amiral Rühle a adressé ses plus vifs remerciements aux militaires et civils de plusieurs générations.
L'amiral Rühle s'est ensuite adressé au commandant sortant, le vice-amiral Stawitzki. Il a parlé de « l'ampleur de ses tâches accomplies » : réforme du stage élémentaire d'état-major, restructuration du stage national supérieur d'état-major, intégration de plus de personnels d'encadrement dans la formation, auxquelles s'ajoutent 70 cadres dirigeants de la Bundeswehr en tout qui, rien que pour 2017, ont donné une conférence à la Führungsakademie.

Autres étapes envisagées

La liste des domaines d'activités et des tâches déjà accomplies peut être encore allongée. Le Centre de compétence Formation et commandement a été créé. Sur la base de l'accord de coopération appelé « Common Campus », la première pierre d'une coopération étroite entre la Führungsakademie, le Centre de formation de la Bundeswehr et le Centre de formation morale et civique a été posée. Les fondaments sont jetés, faisant ainsi de la Führungsakademie un groupe de réflexion.

Initiatives de l'amiral Stawitzki

 « En étroite coopération avec l'Université militaire Helmut-Schmidt, c'est vous qui avez posé les jalons pour que soient coordonnés, dans une gestion systématique des connaissances, l'enseignement, les mémoires de stage ainsi que les mémoires de master de la nouvelle filière de formation “Commandement militaire et sécurité internationale”. » Pour l'amiral Rühle, ceci représente un volet particulièrement remarquable du paquet global Développement. La Führungsakademie en tant que groupe de réflexion va contribuer à l'amélioration de la capacité stratégique des forces armées allemandes. « Il s'agit maintenant de persévérer avec circonspection et détermination sur le chemin engagé afin de pouvoir affronter les futurs enjeux en possession des moyens adéquats. »

Une tâche de taille : le développement

« Pour ce travail de titan “Développement de la Führungsakademie”, c'était un excellent début depuis fin 2016 et les résultats obtenus ont été plus nombreux que prévu dans ce laps de temps si court  » a déclaré Joachim Rühle avec reconnaissance. « Amiral Stawitzki, vous vous êtes toujours engagé de tout votre coeur et avec votre esprit pour la Führungsakademie. Ceci est tout à votre honneur ; vous avez ainsi conquis l'estime toute particulière de vos camarades de route et de vos supérieurs hiérarchiques, mais encore plus le respect, la prompte adhésion et la sympathie des personnes dont vous aviez la responsabilité - en d'autres termes la plus belle récompense qu'un commandant interarmes et supérieur puisse avoir. »

Remerciements à la troupe

Dans les derniers moments de son affectation en tant que commandant à Hambourg, l'amiral Stawitzki s'est adressé une dernière fois à ses soldats rassemblés. « C'est vous, chers camarades, qui structurez le présent grâce à la meilleure formation dispensée par nos personnels d'encadrement de très haut niveau. » Vous êtes ce à quoi nous tenons le plus. Vous êtes l'avenir de la Bundeswehr », a-t-il remercié plein d'estime à l'égard de tous les militaires et collaborateurs. « Le passé – le présent – l'avenir : La Führungsakademie est une entité unique  », ajoute l'amiral Stawitzki. « Nous dispensons une formation de haut niveau - et ceci depuis plus de 60 années. » Ensuite, l'amiral Rühle a délié le commandant Stawitzki de ses fonctions à Hambourg. Depuis le 1er avril, Carsten Stawitzki a déjà pris ses nouvelles fonctions au ministère fédéral de la Défense en tant que directeur général Équipements.

Pragmatisme et orientation stratégique

De l'avis de l'amiral Rühle, le successeur à la tête de la Führungsakademie, le général de brigade Oliver Kohl, est une personnalité remarquable. « Avec les connaissances et l'expérience que vous avez acquises dans vos affectations précédentes, notamment dans le domaine de la formation militaire et surtout au cours de votre dernière affectation en tant que commandant de brigade et directeur du groupe de travail “Formation morale et civique aujourd'hui”, vous incarnez ce juste milieu entre pragmatisme et orientation stratégique, entre expérience au sein de la troupe et travail dans les ministères », a déclaré l'amiral Rühle en accueillant le nouveau commandant. Grâce à ces excellents acquis, l'amiral Rühle voit sous de bons auspices ses capacités à résoudre les tâches qui l'attendent. « Les prochaines sur l'agenda concernent l'élargissement de l'orientation sur les compétences à l'ensemble du programme d'enseignement, la consolidation du groupe de réflexion et la continuation de la mise en réseau au niveau national et international. Il faut encore y ajouter la coopération avec le Centre de formation et le Centre de formation morale et civique. De même, les bons résultats engrangés dans le développement de l'enseignement ou du volume des heures enseignées doivent être consolidés, a-t-il expliqué.

 

 

 

Préparation optimale pour demain

Le commandement de l'École supérieure interarmées de guerre passe ainsi d'un officier de la marine à un officier de l'armée de terre. Le général de brigade Kohl qui, dans son affectation précédente, était commandant de la 41e brigade d'infanterie mécanisée à Neubrandenburg, se réjouit de ses futures missions. « Je souhaite apporter ma contribution et voir des dirigeants militaires quitter notre École de guerre équipés au mieux pour affronter tous les défis - et ceci sur une base intemporelle que le troisième commandant de la Führungsakademie et futur chef d'état-major de la Bundeswehr, Ulrich de Maizière, avait défini dès 1964 en ces termes pertinents : caractère intègre, solides connaissances militaires et culture générale étendue ! »

Vivier des cadres de haut niveau

La Führungsakademie de la Bundeswehr en tant qu'Alma Mater de tous les officiers supérieurs pose les jalons d'une formation initiale, d'une formation continue et d'un perfectionnement solides et modernes, destinés aux officiers supérieurs allemands dans le cadre d'un apprentissage tout au long de la vie. Le paysage modulaire, le stage élémentaire d'état-major, le stage national supérieur d'état-major ou encore le « Capstone Course » sont autant de plates-formes pour évoluer dans son métier et optimiser son profil individuel. Les personnels de la Führungsakademie fournissent un travail hautement performant notamment dans l'enseignement, mais aussi dans la planification. Ce travail profite finalement aux trois armées et à tous les éléments organisationnels, ce qui prouve qu'une coopération performante tant au niveau national qu'international est la condition fondamentale d'une action réussie.

 

Politique de sécurité : Voix de parlementaires

Rédacteur : Markus Levy ; photos : Katharina Roggmann / Torsten Kraatz / Laura Clayborn

Hambourg, 09.04.2018

Roderich Kiesewetter s'inscrit dans le livre d'hôtes de la Führungsakademie de la Bundeswehr

Roderich Kiesewetter s'inscrit dans le livre d'hôtes de la Führungsakademie de la Bundeswehr

Johannes Kahrs a exposé la vision du parlement sur la politique d'armement

Johannes Kahrs a exposé la vision du parlement sur la politique d'armement

Le vice-amiral Carsten Stawitzki accueille les intervenants

Le vice-amiral Carsten Stawitzki accueille les intervenants

Dietmar Nietan parle de la coopération germano-polonaise

 Dietmar Nietan parle de la coopération germano-polonaise

Les officiers du stage national supérieur d'EM suivent avec intérêt les discours des députés du Bundestag

Les officiers du stage national supérieur d'EM suivent avec intérêt les discours des députés du Bundestag

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils viennent souvent à Hambourg donner des conférences à la Führungsakademie de la Bundeswehr. Dans le cadre des cours sur la « Politique de sécurité et Stratégie » du Stage national supérieur d'EM (LGAN) 2017, la Führungsakademie invite des conférenciers de renom issus de la sphère politique, militaire et scientifique. Leur discours s'adressent aux futurs cadres militaires et ils répondent ensuite aux questions pointues des stagiaires. Pour le thème de la « Politique de sécurité et Politique étrangère de l'Allemagne », les conférenciers étaient entre autres les députés du Bundestag, M. Dietmar Nietan (SPD) et M. Roderich Kiesewetter (CDU), venus expressément à Hambourg pour ces conférences et pour discuter ensuite avec les officiers du LGAN. Cette série d'interventions sur la politique d'armement s'est achevée par un discours de M. Johannes Kahrs (SPD).

Expériences personnelles pour se forger une opinion

Les députés affichent, en règle générale, de nombreuses années d'expérience sur l'échiquier politique de Berlin et sont également impliqués dans des activités de bénévolat dans des fondations et des associations de la société civile. L'assise de leur ferme position politique est pour eux le résultat d'observations faites sur le terrain ; ces dernières constituent le point de départ réaliste de leurs actions politiques. Les députés se sont ainsi appuyés sur leurs expériences personnelles pour étayer leurs discours qui ont suscité des discussions hautement intéressantes.

Coopération germano-polonaise

M. Nietan, eurodéputé et expert des questions polonaises, s'est penché sur les enjeux actuels depuis que la Pologne a un gouvernement national-conservateur. M. Nietan, également président du directoire de l'association germano-polonaise « Deutsch-Polnische Gesellschaft Bundesverband e.V. », avait déjà auparavant exposé aux auditeurs le contexte historique et géostratégique, essentiel pour appréhender la nouvelle image de la Pologne d'aujourd'hui et sa politique internationale.

La souveraineté trouve une assise

A son avis, il y voit ici l'origine de la perception des États-Unis comme allié principal et seul garant de la sécurité, bien avant même les partenaires européens, et du scepticisme tangible quant à une poursuite de l'intégration européenne. La conséquence, explique M. Nietan, est l'importance particulière accordée au principe de souveraineté comme élément principal de la pensée politique du parti « droit et justice » qui renforce encore cette idée. Mais il s'est explicitement opposé à toute tendance visant à couper court à toutes discussions plus âpres. Il ajoute que les développements en Pologne devraient être accompagnés à différents niveaux dans un contexte de politique intelligente afin de donner une orientation constructive aux relations entre l'Allemagne et son grand voisin à l'Est même si les conditions cadre ont changé.

Politique de sécurité et politique étrangère

Le député Roderich Kiesewetter, ancien colonel BEM qui avait reçu le Prix du Général Heusinger, a évalué le lendemain les conditions cadres difficiles de la politique de sécurité et de la politique étrangère actuelles et futures puis a donné quelques aperçus des mécanismes complexes de recherche de consensus dans le paysage politique allemand. Le colonel Kiesewetter a également signalé que des conditions toujours plus complexes influencent visiblement la participation du parlement aux relations extérieures allemandes puis il s'est arrêté sur le rôle de l'Allemagne en tant que partenaire fiable au sein de ses principaux systèmes d'alliance. Il précise que le contrat de coalition a mis en exergue les éléments idoines et a montré la prise de conscience progressive dans le paysage politique allemand.

Financement des forces armées

Le colonel Kiesewetter avance qu'il convient d'une part de poursuivre un financement durable et en légère augmentation de l'armée ou d'instaurer un débat ciblé sur la politique de sécurité. Mais il faudrait aussi que l'Allemagne renforce systématiquement sa capacité d'assumer des tâches au sein d'une alliance et qu'elle s'impose comme un partenaire fiable. Ce point était un parmi tant d'autres que les stagiaires ont choisi de débattre dans la discussion qui a suivi. A la question posée de citer les « devoirs » qui attendent la politique allemande dans un avenir proche, le colonel Kiesewetter a répondu que la « comprehensive approach » suffisamment connue de l'action sécuritaire devrait être déjà inscrite à l'ordre du jour parlementaire. Il ajoute que les solutions doivent être l'aboutissement de réflexions à l'échelle interministérielle, notamment dans le cadre d'un large débat stratégique récurrent.

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Les 13e débats de Hambourg : Le conflit de la Corée du Nord

Rédacteurs : Verena Hoffmann & Jonathan Scheffler ; photos : Katharina Roggmann n

Hambourg, 14/03/2018

Le contre-amiral Schneider ouvre les Débats de Hambourg

Le contre-amiral Schneider ouvre les Débats de Hambourg


Un auditoire intéressé et la salle Gneisenau comble

Un auditoire intéressé et la salle Gneisenau comble

Prof. Michael Staack parle des quatre dimensions du conflit de la Corée du Nord et de leurs imbrications

Prof. Michael Staack parle des quatre dimensions du conflit de la Corée du Nord et de leurs imbrications


Discussion en table ronde animée par Jörn Thießen

Discussion en table ronde animée par Jörn Thießen/p> 
Le général de division (ER) Gerber

 Le général de division (ER) Gerber


Échanges après les débats (de gauche à droite : Jörn Thießen et Werner Sonne)

Échanges après les débats (de gauche à droite : Jörn Thießen et Werner Sonne)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la treizième fois maintenant, des représentants de haut rang de la région de Hambourg se sont rencontrés pour échanger des vues stratégiques avec les cadres de la Führungsakademie et de nombreux auditeurs civils. Cette année, le conflit de la Corée du Nord était au centre du dialogue stratégique et portait sur les origines, les intérêts et les stratégies de solutions potentielles de ce conflit. Le contre-amiral Schneider, commandant en second à la Führungsakademie, a accueilli ce soir-là dans l'amphithéâtre du Centre Manfred-Wörner de la Führungsakademie le Professeur Michael Staack, politologue à l'université militaire Helmut-Schmidt, Werner Sonne, journaliste allemand, écrivain et ancien correspondant de la première chaîne de télévision ARD, ainsi que le général de division (ER) Urs Gerber, de 2012 à 2017 chef de la délégation des officiers suisses de la « Neutral Nations Supervisory Commission » (NNSC) sur la ligne de démarcation coréenne.

Le monde est en passe de basculer

C'est en ces termes que le commandant en second de la Führungsakademie s'est adressé aux 300 auditeurs attentifs réunis dans l'amphithéâtre comble du Centre Manfred-Wörner. Le grand intérêt porté par l'auditoire tant civil que militaire à ce thème de la soirée montre clairement que la société allemande est consciente du potentiel de menace qui pourrait s'étendre de la Corée du Nord à l'Allemagne et à l'Europe aussi. Quel rôle joue ici l'Allemagne par-delà l'expérience commune de la division d'un pays, eu égard aux différents intérêts des grandes puissances - les États-Unis, la Russie, la Chine - et mis à part les États concernés, la Corée du Nord et la Corée du Sud, tel a été le sujet de l'intervention du Prof. Michael Staack qui a suivi et qui a donné lieu à une discussion en table ronde et des réponses-questions des auditeurs.

Garder la tête froide, planifier et agir avec détermination

Dans sa fonction d'expert pour la sécurité coopérative et en tant qu'ancien membre du Groupe de conseillers allemands chargés des questions de réunification pour la Corée du Sud, le Prof. Staack a expliqué quelles étaient les quatre dimensions du conflit de la Corée du Nord et leurs imbrications. Dans un premier temps, il a exposé comment le potentiel de menace par l'arme nucléaire nord-coréenne pouvait impacté l'ordre international puis il a expliqué quelles étaient les lignes de confrontation non seulement rhétoriques entre la Corée du Nord et les États-Unis pour en venir ensuite au conflit hégémonique entre les États-Unis et la Chine. En dernier point, il a expliqué le conflit entre les deux États coréens séparés. Qui stigmatise le détenteur du pouvoir nord-coréen Kim Jong Un de «Little rocket man» imprévisible se trompe quant à sa politique de sécurité fondée sur un raisonnement directif, affirme le Prof. Staack. « Ce pays isolé est quand même parvenu à se doter de connaissances hautement stratégiques et à s'imposer en 2013 aux yeux du monde comme un agresseur à prendre au sérieux. Grâce à son programme nucléaire ambitieux, Kim Jong Un a assuré la survie du régime et a éradiqué toute attaque potentielle sur son pays. » En s'engageant sur la voie de la confrontation notamment avec les États-Unis, il montre sa force à son pays et aux États-Unis.

Stopper l'armement nucléaire ?

Même si les deux États de la péninsule coréenne entérinent une réunification dans leur constitution, Kim Jong Un ne cible qu'un intérêt, celui d'assurer son pouvoir. Il n'approuverait une réunification du pays que si les conditions nord-coréennes sont acceptées et, par conséquent, que si l'influence américaine disparaît. Il est évident que cette option ne convient pas à la Corée du Sud. Le président sud-coréen Moon Jae In poursuit avec succès une politique de détente et maintient le dialogue entre les deux États pour laisser une voie ouverte à la réunification. On peut aussi se poser la question de savoir si la population sud-coréenne est intéressée par une réunification des deux États coréens. Une grande partie de la jeune génération refuse ce rapprochement car elle n'a pas de parenté en Corée du Nord et ne souhaite pas non plus être impliquée dans la reconstruction d'un système failli. Au cours de la table ronde qui a suivi, animée par Jörn Thießen, directeur de la faculté de Politique, stratégie et sciences sociales, il en est très vite ressorti que l'arrêt de la menace nucléaire apparaît nettement plus probable que la réunification du pays.

Rôle de l'Allemagne dans le conflit de la Corée du Nord

« Détenant la capacité du pouvoir destructif de leurs armes nucléaires d'une grande précision et d'une efficacité variable, la Russie et les États-Unis se trouvent actuellement dans une course à l'armement dangereuse que la Chine suit aussi d'un œil critique », explique le Prof. Staack à ses auditeurs. Si on interrompt la communication avec la Corée du Nord et qu'on maintient les sanctions, la Corée du Nord pourrait être un des fournisseurs potentiels de technique nucléaire. D'autres États pourraient vouloir suivre le modèle nord-coréen pour imposer leurs revendications politiques par la dissuasion nucléaire. Pour empêcher ce développement, le Prof. Staack propose que l'Allemagne intervienne dans le conflit nord-coréen en qualité de médiateur diplomatique. Non seulement l'Allemagne entretient des partenariats et des contacts étroits tant avec la Corée du Nord qu'avec la Corée du Sud et a en commun avec les deux États coréens l'expérience d'un pays partagé, mais elle sait aussi de par son histoire qu'un conflit armé n'est pas une solution pour un pays partagé.

Que savons-nous de l'arsenal réel ?

C'est le lieutenant-colonel BEM Andre Zechmeister de la faculté de Politique, stratégie et sciences sociales qui a répondu à cette question. Diplômé en sciences politiques, il a suivi avec grand intérêt, pendant ses études déjà, le développement de la Corée du Nord et a observé de très près les dix dernières années le pays « pris en otage par la famille Kim ». Ainsi, il a déclaré que la Corée du Nord dispose d'une panoplie d'armes B et C opérationnelle et en état de fonctionnement qui pourrait être mise en action sur les vecteurs existants. Toutefois, on ne sait pas si la Corée du Nord possède la capacité de produire les groupes de propulsion nécessaires à ses fusées à longue portée qui pourraient atteindre l'Amérique. Et on ne sait pas non plus si la Corée du Nord est en mesure de se procurer ces groupes de propulsion par d'autres canaux.

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Rédacteur : Philipp Lenske ; Photos : Katharina Roggmann

Hambourg, le 30 janvier 2018

Landesrabbiner Shlomo Bistritzky trägt sich in das Gästebuch der Führungsakademie der Bundeswehr ein

Le Grand rabbin Shlomo Bistritzky s'inscrit dans le livre d'hôtes de la Führungsakademie de la Bundeswehr.

Michel Friedman: ,,Wo beginnt der Endpunkt von Gewalt?

Michel Friedman : Où commence le point final de la violence ? 

Der Kommandeur führt in die Thematik ein

Le commandant donne une introduction du thème.

Oberst Rogg im Gespräch mit Oberst a.D. Stratenschulte

Le colonel et professeur Rogg en conversation avec le colonel E.R. Stratenschulte.

Hochrangige Gäste aus Wissenschaft, Wirtschaft und Gesellschaft verfolgen den spannenden Gedankenaustausch

Des invités de haut niveau issus des milieux scientifique, économique et sociétal suivent avec attention cet échange de vues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le souvenir est une chose indispensable, ne doit cependant pas devenir une obligation, un rituel incommodant », dit le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie, lors de la cérémonie à l'occasion de la journée de commémoration des victimes de l'Holocauste. Et il continue : « Quelle est la bonne manière de commémorer quelque chose ? Et, existe-t-il une bonne manière ? Nous devons rendre concevable l'inconcevable, nous forger une impression individuelle, analyser les faits, définir notre propre position et la transposer dans le présent. » 

Force de caractère et courage

Il invite à faire face à l'histoire pour réajuster sa boussole personnelle, non seulement aujourd'hui, mais chaque jour. Il a lancé un appel aux très nombreux auditeurs réunis au Manfred-Wörner-Zentrum, il les a appelés à faire preuve de retenue, de force de caractère et de courage, et ensuite à réfléchir en commun aux valeurs qui sont les leurs et à se remettre en question. Par ces mots, l'Amiral Stawitzki a lancé un débat public animé par Jörn Thießen, directeur de la faculté Politique, stratégie et sciences sociales. Invité spécial : le professeur Michel Friedman. Participait également au débat le colonel et professeur Matthias Rogg, directeur du comité de pilotage du groupe de réflexion de la Führungsakademie.

Comprendre l'histoire à partir d'histoires

« Où commence le point final de la violence ?  » a demandé M Friedman. Et il s'est empressé de préciser : « Afin d'éviter que ces points finaux de la violence ne se reproduisent, il faut en comprendre les points initiaux et tout mettre en œuvre pour les entraver. » M. Friedman est issu d'une famille polonaise juive qui a vécu directement les cruautés du nazisme. « Où un meurtre commence-t-il ? Il ne commence pas là où les hommes font du mal aux autres, il commence là, dès l'instant où les gens détournent les yeux. Détourner les yeux, se boucher les oreilles, se taire - il est de notre devoir de parler ouvertement et franchement de ce qui s'est passé et aussi de ce qui se passe à présent », a précisé M. Friedman.

Une société en évolution

Il demande quels sont les indices, quels sont les comportements humains et quels sont les contextes politiques susceptibles de mener à de tels paroxysmes. Il commence à parler de racisme et misanthropie. Et il constate : « Je remarque une modification de substance au sein de la société, un incendie volontaire spirituel ; quand cela devient-il un incendie volontaire à proprement parler ? »

Pour comprendre, il faut savoir

Le colonel et professeur Matthias Rogg, ancien directeur du Musée d'histoire militaire de la Bundeswehr, a évoqué le rôle de la Bundeswehr concernant le travail de mémoire au sein des forces armées. « Si nous ne connaissons pas les causes de ce qui s'est passé, comment pourrons-nous empêcher cela à l'avenir ? » Selon lui, il appartient à chacun de nous d'apprendre à comprendre et à transmettre les leçons qu'on en a tirées. C'est dans ce but qu'une délégation de 30 officiers polonais, français et allemands s'est rendue récemment au camp de concentration d'Auschwitz pour mieux comprendre les circonstances, en discuter et mieux replacer dans le contexte ce qu'ils ont appris. (article de Bundeswehr aktuell du 22.01.2018)

Chacun est quelqu'un

« Personne n'est obligé de se sentir responsable des autres, explique M. Friedman, mais chacun doit se sentir agressé dès lors que des personnes ont à subir des choses graves. » Selon lui, il est de notre devoir à tous de sauvegarder ce bien suprême inhérent à la démocratie, l'intangibilité de la dignité humaine. L'histoire se répétera toujours à nouveau si l'on ne s'en souvient pas. « Pourtant que sommes-nous prêts à faire pour préserver la démocratie dans laquelle nous vivons ?  » C'est la question que pose le Professeur Friedman aux 150 spectateurs réunis dans la rotonde du Manfred-Wörner-Zentrum. Et il ajoute : « Nous sommes tous tributaires les uns des autres - tout comme les générations à venir seront tributaires de nous. »

Réfléchir afin de pouvoir agir

Les discours de Monsieur Friedman ne sont jamais sans soulever des questions et c'est bien là son intention. Des questions que chacun des participants se posera à l'issue de son exposé. Parce que chacun se doit de réfléchir, d'analyser pour pouvoir comprendre, pour saisir ce qu'on a appris et pour savoir comment mieux comprendre afin de mieux agir. Afin que ce débat ne finisse jamais, la Führungsakademie rappelle l'Histoire et la commémore, dans le cadre de manifestations historiques spécifiques et par là œuvre pour établir des liens avec chaque individu, ici et maintenant.

 

 

 

Rédactrice : Inka v. Puttkamer Photos : Katharina Roggmann

Hamburg, 19.11.2017

L'Amiral Stawitzki lors de son allocution  à l'occasion du Jour du Souvenir

L'Amiral Stawitzki lors de son allocution à l'occasion du Jour du Souvenir

Mme Liane Melzer, responsable administrative d'arrondissement (3e à partir de la gauche) 
et Laurent Toulouse, consul général de France (4e à partir de la gauche)

Mme Liane Melzer, responsable administrative d'arrondissement (3e à partir de la gauche) et Laurent Toulouse, consul général de France (4e à partir de la gauche)

Participants internationaux à la cérémonie du Jour du Souvenir

Participants internationaux à la cérémonie du Jour du Souvenir

L'orchestre britannique « Band of the Royal Armoured Corps »

L'orchestre britannique « Band of the Royal Armoured Corps »"

Allocution de M. Laurent Toulouse, consul général de France

Allocution de M. Laurent Toulouse, consul général de France

Des officiers allemands déposent une gerbe

Des officiers allemands déposent une gerbe

M. Giorgio Taborri, consul général d'Italie, au cimetière

M. Giorgio Taborri, consul général d'Italie, au cimetière

Nicholas Teller, consul honoraire, a déposé une gerbe

Nicholas Teller, consul honoraire, a déposé une gerbe

Cette année, la célébration du Jour du Souvenir au cimetière de Blankenese a eu lieu dans un cadre très particulier : Le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie de la Bundeswehr (FüAkBw), a invité des représentants de nations jadis ennemies de l'Allemagne à une cérémonie commune avec dépôt de gerbes. Ainsi, des Américains, des Britanniques, des Français et des Italiens se trouvaient aux côtés des Allemands pour commémorer leurs morts. C'est la première fois que cette cérémonie à laquelle assistait une centaine d'invités se déroulait en présence de représentants étrangers. Grâce aussi aux participants du cours international supérieur d'état-major, des militaires de quatre continents se trouvaient ainsi réunis.

Prière plurilingue

Par un grand vent de novembre, la cérémonie débute par une courte célébration religieuse avec Hartwig von Schubert, aumônier militaire protestant à la Führungsakademie. Il y rappelle les crimes inhumains des guerres. Après le Notre Père dit ensemble par toutes les nations représentées, chacune dans sa langue, il précise que toutes les personnes présentes, quelle que ce soit leur nationalité, s'inclinent tant à titre de coupables que de victimes. Ensuite, les invités vont se recueillir devant la pierre commémorative du cimetière.

« La commémoration doit avoir une place centrale dans la société »

Entouré d'une garde d'honneur d'officiers français - tous des étudiants de l'Université Helmut Schmidt (université de la Bundeswehr à Hambourg) - le vice-amiral Stawitzki s'adresse aux nombreux invités. Il commence par une citation de l'œuvre d'Erich Maria Remarque « À l'Ouest, rien de nouveau » et les confronte au quotidien de la guerre du simple soldat d'il y a presque cent ans. Il souligne que des nations, qui autrefois se battaient l'une contre l'autre, se tiennent, en ce jour de l'an 2017, coudes serrés : « Aujourd'hui, nous sommes ici rassemblés entre amis, alliés et partenaires, conscients que nous devons unir nos efforts pour affronter les problèmes de ce monde. »

La paix en Europe

Le vice-amiral Stawitzki rappelle aux personnes présentes que l'Europe se trouve dans la période de paix la plus longue depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et que c'est un fait extraordinaire. « Seul celui qui se tourne vers le passé pourra en tirer des leçons. » Et il poursuit : « Le passé nous confère une certaine responsabilité, celle de toujours agir dans le respect des normes de l'humanité et de l'État de droit, en faisant preuve d'ouverture d'esprit et de tolérance. » « Assumer nos responsabilités, c'est-à-dire nous opposer avec détermination et courage et, au besoin haut et fort et de toutes nos forces, à tout ce qui porte atteinte à la dignité de l'Homme. » Enfin le commandant de la Führungsakademie rappelle les nombreux soldats, policiers, personnels humanitaires et volontaires de toutes les nations actuellement en opération extérieure.

Souvenir et orientation

L'encadrement musical était assuré par l'orchestre britannique « Band of the Royal Armoured Corps », venu tout spécialement pour cette cérémonie. Lorsqu'il entonne le chant militaire « Lied vom guten Kameraden » (Le bon compagnon), le recueillement commémoratif est, parmi les invités, à son paroxysme avec ensuite la lecture d'un texte en hommage aux défunts. Le plus important en ce jour est certes de commémorer les morts des guerres mondiales, mais aussi tous les soldats tués au cours des plus de soixante années d'histoire des forces armées fédérales ainsi que les récentes victimes du terrorisme et de la violence. Au nom des hôtes d'honneur internationaux, Laurent Toulouse, consul général de France, prononce son allocution. Avec des paroles émouvantes, il remercie « de tout cœur » que, pour la première fois, des représentants des adversaires de jadis se rencontrent à l'occasion de cette journée de recueillement. M. Toulouse explique qu'un esprit de patriotisme sain et le bon sens commun font que le passé se doit certes d'être commémoré, mais qu'avant tout il engage l'avenir - et ceci s'applique à tous les peuples. Dans l'assistance, se sont aussi les élèves du Lycée français de Hambourg qui symbolisent « l'avenir ».

Des gerbes de commémoration

Les hôtes d'honneur déposent ensuite des gerbes : Pour l'Allemagne, il s'agit du vice-amiral Stawitzki, pour l'Italie, du consul général Giorgio Taborri, pour la Grande-Bretagne, du consul honoraire Nicholas Teller et pour les États-Unis, de l'attaché militaire, le colonel Terry Anderson, venu de Berlin, le dernier étant le consul général de France, Laurent Toulouse. Ensuite l'orchestre joue le morceau français « Aux morts », suivi d'une minute de silence, et pour terminer, il entonne l'hymne européen, source d'espoirs.

Assumer ses responsabilités

Tout le monde se retrouve ensuite à la Führungsakademie où est servie une soupe aux pois et où les invités peuvent échanger sur la cérémonie qui vient de s'achever. Chacun s'accorde pour dire que la présence de représentants étrangers a conféré à cette journée une dignité particulière. Mme Liane Melzer, responsable administrative de l'arrondissement d'Altona, s'adresse aux invités en tant que représentante civile. Elle se demande si de nos jours, le Jour du Souvenir a toujours sa signification ; il semble « être très loin de la vie quotidienne ». Elle justifie son « oui » explicite avec la réconciliation entre les peuples exhortée par le consul général de France. Une réconciliation qui, au vu des récents conflits européens, conservera toujours son actualité. « La paix est un bien qui ne devrait pas être considérée comme un acquis immuable ». Mme Melzer rappelle enfin que Jean-Claude Juncker qui, il y a déjà neuf ans, avait appelé les eurosceptiques à se rendre dans les cimetières militaires pour garder présente à l'esprit la douleur à laquelle peut conduire l'absence d'entente entre les peuples.

Une manifestation exemplaire

Cette cérémonie commémorative a été parfaitement organisée essentiellement par les participants du cours national supérieur d'état-major (deuxième année). L'écho des hôtes - de différentes nations et de tous âges (entre deux et quatre-vingts ans) - en uniforme et en tenue civile - montre que le Jour du Souvenir n'appartient nullement au passé, qu'il est au contraire un jour où toutes les générations commémorent, par exemple à Hambourg, au cimetière de Blankenese et à la Führungsakademie, et que la responsabilité évoquée est une réalité vécue.

 

 

Kranzniederlegung durch Militärattaché Colonel Terry Anderson USA Kranzniederlegung durch den Generalkonsul von Frankreich Laurent Toulouse Ansprache der Bezirksamtsleiterin Dr. Liane Melzer

 

La ministre de la défense Ursula von der Leyen ouvre le workshop 

Rédactrice; Inka von Puttkamer; photos: Laura Clayborn, Michael Gundelach

Hambourg, 18.08.2017

 Arrivée de la ministre fédérale de la Défense et du chef d'état-major de la Bundeswehr 
à la Führungsakademie

Arrivée de la ministre fédérale de la Défense et du chef d'état-major de la Bundeswehr à la Führungsakademie

Le GCA Volker Wieker, Ursula von der Leyen, ministre de la Défense, et le vice-amiral Stawitzi

Le GCA Volker Wieker, Ursula von der Leyen, ministre de la Défense, et le vice-amiral Stawitzi

La ministre de la défense Ursula von der Leyen ouvre le workshop

La ministre de la défense Ursula von der Leyen ouvre le workshop

Participants au workshop sur les directives relatives à la conception et au maintien des traditions 
au sein de la Bundeswehr

Participants au workshop sur les directives relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr

Prof. Dr. Loretana de Libero lors de son exposé informatif

Prof. Dr. Loretana de Libero lors de son exposé informatif

Le général de corps d'armée aérien (ER) Ton van Loon lors de son intervention

Le général de corps d'armée aérien (ER) Ton van Loon lors de son intervention

Dr. Ursula von der Leyen, ministre fédérale, a ouvert le premier workshop à la Führungsakademie de la Bundeswehr (FüAkBw) destiné à revoir les directives de 1982 relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr. En coopération avec des soldats allemands et de militaires de nations amies ainsi que de représentants politiques, religieux et sociétaux, une nouvelle directive sera élaborée dans le cadre de quatre sessions en tout. Après Hambourg, elles se tiendront à Coblence, Potsdam et Berlin. Le thème de cette première session est intitulé : « La tradition de la Bundeswehr replacée dans le contexte d'identité européenne de défense et de partenariat de sécurité transatlantique. »

« Il n'y a pas d'endroit mieux approprié »

Pour deux raisons, la Führungsakademie de la Bundeswehr est le site privilégié pour entamer ces sessions, souligne Mme von der Leyen. D'une part, la Führungsakademie est assure la formation des futurs chefs militaires au plus haut niveau ; à ce titre, il lui revient de débattre intensivement de tels sujets, et par conséquent aussi de la conception de la tradition au sein de la Bundeswehr. D'autre part, les militaires viennent d'horizons les plus divers. Il suffit de passer en revue l'auditoire. Un quart des quelque 300 auditeurs sont des représentants de forces armées de nations étrangères qui suivent des stages à la Führungsakademie et apportent leur expertise. Le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie, considère comme un honneur que la Führungsakademie soit l'organisatrice de cette session inaugurative. Dans son allocution d'accueil, il souhaite que chacun, en menant une réflexion intellectuelle sur le passé, contribue ainsi à répondre aux questions portant sur l'avenir.

Quatre changements essentiels depuis 1982

Rappelant brièvement qu'en 2017, l'existence de la Bundeswehr, en nombre d'années, a été multipliée par deux par rapport à 1982 et que, par conséquent, les forces armées allemandes ont, à leur actif, deux fois plus d'expériences, Mme von der Leyen en vient à parler des facteurs qui ont changé pour la Bundeswehr depuis la promulgation des directives relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr : Après la dissuasion pendant la Guerre froide, l'Allemagne est passé à une armée d'intervention au service tant de la défense de l'Alliance que de la gestion de crises internationales. L'identité professionnelle du militaire a, par la même, évolué car le prix de la vie du soldat ne relève plus de la théorie, mais fait partie de la réalité opérationnelle. En parallèle, la Bundeswehr a supprimé le service militaire obligatoire et la venue de nouveaux militaires a élargi son profil, en termes de parité homme/femme ou de biographies diversifiées. D'autre part, la ministre fédérale de la Défense souligne la multinationalité de la Bundeswehr. L'engagement de la Bundeswehr vis-à-vis des partenaires, de l'OTAN et de l'UE est entretemps une évidence. Son dernier point porte sur la société : aujourd'hui certes plus ouverte, elle est en même temps plus critique. Tous ces développements exigent que le concept de tradition soit révisé.

Acceptation au sein de la société

« La tradition dans la Bundeswehr soit servir de boussole qui peut permettre à nos soldats de s'orienter, de se sentir soutenus et d'avoir des points de repères pour leurs actions. Ceci vaut tant pour la vie quotidienne en garnison qu’en opération. Mais ce peut être aussi dans des situations existentielles extrêmes qui peuvent survenir en opération. » Compte tenu du caractère ambitieux du projet, le remaniement des directives relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr ne doit pas être précipité, précise Mme von der Leyen. Ce qui lui importe grandement, c'est de promouvoir l'ancrage de la conception de la tradition de la Bundeswehr dans la société, l'histoire et notre monde contemporain. Ceci justifie la présence des nombeux représentants civils dans les workshops. En effet, seulement si la société comprend ce qui fait la fierté des soldats de la Bundeswehr, elle pourra, en contrepartie, être fière de ses forces armées.

« La Wehrmacht ne saurait être source de tradition »

L'identité de la Bundeswehr doit se refléter dans la conception de la tradition. Celle-ci comprend les valeurs de liberté que le soldat s'engage à défendre au prix de sa vie, mais aussi les vertus militaires comme la vaillance, la camaraderie, la sincérité et l'accompagnement social et humain. Toutefois, dans la recherche de « Vorbilder », de modèles à suivre, Mme von der Leyen exhorte à la prudence. En effet, si l'on considère des personnalités issues des forces armées allemandes des temps passés, on constate des failles, des incohérences et des points donnant lieu à des discussions. Il faut toujours se replacer dans le contexte historique pour examiner les faits, le sens et l'objectif. La Wehrmacht ne saurait être une source de tradition pour la Bundeswehr, souligne la ministre tout en précisant que certaines personnes ayant porté l'uniforme de la Wehrmacht, p. ex. le colonel Claus Schenk Graf von Stauffenberg, peuvent très bien servir de modèles. L'étude ne saurait être suffisamment approfondie pour parvenir à une conception de tradition saine. En distinguant ainsi histoire et tradition, des événements survenus dans la Bundeswehr après 1982 peuvent aussi contribuer à une tradition placée sous le signe de la fierté. Néanmoins, la ministre souligne aussi que la Bundeswehr a une histoire dont il vaut la peine de parler.

Culture (inter)nationale de la mémoire militaire

Avant que les participants des quatre groupes ne rejoignent leur groupe respectif pour approfondir la thématique, Prof. Dr. Loretana de Libero de la Führungsakademie axe son allocation sur la culture allemande de la mémoire militaire et Ton van Loon, général de corps d'armée (ER) des forces armées néerlandaises, brosse un portrait de la culture de la mémoire militaire dans un contexte international. Mme De Libero évoque « un sentiment de gêne » au sein de la Bundeswehr lorsqu'il s'agit de porter une appréciation de ses propres performances. Elle cite de nombreux exemples pour montrer qu'il existe suffisamment d'événements et de personnes dans l'histoire contemporaine qui pourraient être sources de tradition. Les soldats tués au combat sont honorés dans le « Bois du souvenir » à Potsdam. Ce sont bien là des approches constitutives d'une tradition issues des opérations extérieures de la Bundeswehr. Elle résume que la Bundeswehr, faisant partie de la génération des 50 ans et plus, n'est pas encore consciente du répertoire impressionnant qu'elle est en mesure d'offrir. Van Loon rejoint les paroles de la ministre et précise que la tradition est une partie de l'« esprit de corps » qui motive le soldat au combat et lui donne des repères en opération. La tradition contribue aussi à la cohésion soit entre compagnies ou entre unités multinationales. La tradition est aussi un phénomène vivant, précise-t-il et cite pour exemple l'introduction du service militaire obligatoire pour les femmes aux Pays-Bas en 2017. Il ferme la boucle en revenant à l'objectif du remaniement des directives relatives à la conception et au maintien des traditions au sein de la Bundeswehr: « Le progrès n'est pas un prétexte pour ne rien changer ; il est au contraire une invitation au changement. »

Autres informations :

Pour lire le discours complet de la ministre fédérale de la Défense, Dr. Ursula von der Leyen, cliquez ici hier

Le lien suivant LIEN donne accès à l'allocution du Prof. de LiberoLINK

Autor: FüAkBw; Fotos: Bundeswehr

Hamburg, 27.07.2017

Salles de cours modernes : Jeff LaMoe, chef d'état-major du « U.S. Army Combined Arms Center », fait visiter au vice-amiral Stawitzki le Lewis & Clark Center à Fort Leavenworth

Salles de cours modernes : Jeff LaMoe, chef d'état-major du « U.S. Army Combined Arms Center », fait visiter au vice-amiral Stawitzki le Lewis & Clark Center à Fort Leavenworth

Le respect de la tradition : Dans les « Carlisle Barracks », le siège de l'« Army War College », une statue en souvenir de Frédéric le Grand

Le respect de la tradition : Dans les « Carlisle Barracks », le siège de l'« Army War College », une statue en souvenir de Frédéric le Grand

L'amitié transatlantique : Major General Kem remet au vice-amiral Stawitzki une chronique de l'emprise militaire de Leavenworth dans la salle de réunion de la mission de liaison de l'armée de terre allemande

L'amitié transatlantique : Major General Kem remet au vice-amiral Stawitzki une chronique de l'emprise militaire de Leavenworth dans la salle de réunion de la mission de liaison de l'armée de terre allemande

Le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie, lors de sa première visite officielle aux Écoles de guerre partenaires américaines

Soudain, l'Allemagne semble vraiment plus proche que les longues heures d'avion passées au-dessus de l'Atlantique ne laissent présumer. Au Lewis & Clark Center à Fort Leavenworth, le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie de la Bundeswehr, ne s'attendait pas à rencontrer si vite « son chef hiérarchique direct », le chef d'état-major des forces armées fédérales.

En effet, la photo du général Volker Wieker est accrochée dans la salle du Panthéon de l'« U.S. Army Command and General Staff College » (CGSC), juste à côté de celle du général de corps d'armée Jörg Vollmer, chef d'état-major de l'armée de terre. A l'instar de 27 chefs de gouvernement, dont quatre sont encore en fonction, et de nombreux décideurs militaires de haut niveau venant du monde entier, ils ont tous les deux participé, après la Führungsakademie, au stage d'état major de l'armée de terre américain. En ce qui concerne la « professional military education », le CGSC est une des meilleures adresses au monde et coopère avec la Führungsakademie depuis plus de 50 ans.

Raison de plus pour le vice-amiral Stawitzki de consacrer la première semaine des vacances d'été de la Führungsakademie à une visite de ce partenaire : « Depuis le discours de notre ministre de la Défense le 3 novembre dernier et du fait aussi des derniers mois au cours desquels nous avons posé les jalons d’un remaniement de nos formations, je tenais beaucoup à rendre visite à nos partenaires à l'étranger. » A Fort Leavenworth, le programme prévu pour le vice-amiral Stawitzki comporte un entretien avec le « provost » du CGSC, le Major General John S. Kem, une visite à la « School of Advanced Military Studies », une rencontre avec le corps enseignant et les représentants de l'« Army University Press » et bien sûr des tables rondes avec les stagiaires allemands et les personnels d'encadrement.

Un agenda chargé - et typique de sa semaine : En fait, Leavenworth au Kansas est la quatrième étape du vice-amiral Stawitzki aux États-Unis. Les trois jours précédents, le commandant de la Führungsakademie s'est rendu à la « National Defense University » (NDU) à Washington D.C., à l'« Army War College » à Carlisle ainsi qu'au « Naval War College » à Newport pour échanger avec ses homologues américains. Après avoir quitté Fort Leavenworth, il se rend à Montgomery, à l'« Air University » de l'armée de l'air américaine. Le vice-amiral Stawitzki explique que « la formation militaire des cadres supérieurs aux États-Unis est, en de nombreux points, très différente de notre travail ici à la Führungsakademie. Par contre, en d'autres points, nos formations sont très similaires. Ce qui était essentiel pour moi, c'était d'avoir une vue d'ensemble de la manière dont notre partenaire transatlantique prépare son élite dirigeante à ses tâches exigeantes. C'est pourquoi j'ai tenu à rencontrer toutes les composantes militaires. » L'objectif de notre ministre de la Défense étant de faire de la Führungsakademie un think tank stratégique, il est très intéressé de savoir comment l'armée américaine forme ses stratèges militaires et comment les projets de recherche et les publications scientifiques contribuent à la capacité stratégique du pays. « Je trouve de nombreuses idées intéressantes, certes, en termes de capacité stratégique et de mise en réseau avec des experts d'horizons les plus divers, mais aussi d'ordre méthodologique, p. ex. par des “war gamings” au plus haut niveau. »

Ce voyage, planifié à l'origine comme une visite de prise de fonctions du commandant nommé en septembre 2016 auprès des institutions partenaires aux États-Unis, a permis des échanges de vues inspirants, notamment dans ce nouveau contexte de la réorganisation en cours à la Führungsakademie : « Il est vrai que des modèles qui se sont avérés idoines aux États-Unis ne sont pas transposables tels quels à la Führungsakademie. Mais la NDU et les War Colleges ont mis en place des programmes fantastiques, l'échange d'idées a été particulièrement ouvert, qu'il s'agisse des rencontres au niveau de commandement ou avec les personnels des universités. Mes entretiens avec les soldats allemands stationnés dans ces cinq institutions ont complété ma vision des choses. Pas de doute – nous pouvons énormément apprendre les uns des autres. Et j'insiste sur ce qui me tient le plus à coeur : Cette liaison transatlantique et les liens qui nous unissent par-delà l'océan n'ont jamais été aussi forts. » Le vice-amiral Stawitzki est de retour à Hambourg après avoir passé 6 jours aux États-Unis. La plupart des membres de la Führungsakademie profitent encore de leurs vacances d'été bien méritées. Sans plus attendre, lui et son staff se penchent sur le prochain projet : Pour le dernier trimestre 2017, le commandant a planifié de rendre visite aux collèges de défense européens des « Combined Joint European Excercise Partner ».

Cliquez ici pour lire les impressions du vice-amiral Stawitzki sur ses visites aux États-Unis<-











Autor: Frank Magnus ; Fotos: Katharina Junge

Hamburg, 21.07.2017

L'enseignement peut ne pas être ennuyeux

L'enseignement peut ne pas être ennuyeux

Construire ensemble l'avenir - Un stagiaire dialogue avec le chef d’état-major de l’armée de terre

Construire ensemble l'avenir - Un stagiaire dialogue avec le chef d’état-major de l’armée de terre

Le GCA Vollmer relate les développements en cours dans l'armée de terre

Le GCA Vollmer relate les développements en cours dans l'armée de terre

Le général de corps d'armée Jörg Vollmer, chef d'état-major de l'armée de terre allemande, aime rendre visite régulièrement à « ses » soldats en poste à la Führungsakademie de la Bundeswehr. Cette fois-ci, son intérêt portait sur les développements de la Führungsakademie, objets de la visite de Mme Ursula von der Leyen, ministre fédérale de la Défense, et de son discours programmatique du 3 novembre 2016 (discours de la ministre fédérale de la Défense). Il a été notamment très attentif aux derniers développements concernant la mise en place d'un think tank et d'une formation orientée sur les compétences ainsi que sur le remaniement des programmes des stages. Le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie, a abordé avec lui les développements tant des derniers mois que ceux des mois à venir.


Numérisation de la formation

En coopération avec le Fraunhofer-Institut, le domaine de formation Terre a développé une solution innovante : un comptoir numérique. Celui-ci permet la planification opérationnelle dans une approche multidimentionnelle grâce à une carte numérique sur laquelle de nombreuses informations sont mémorisées. L'utilisateur a ainsi accès à toutes les données disponibles au sein de la Bundeswehr qu'il peut utiliser pour un raisonnement tactique exhaustif. « Ce comptoir permet le traitement et la collecte d'informations d'une compacité inconnue à ce jour. Je suis enthousiasmé et content que l'organisme de formation le plus élevé de la Bundeswehr en soit le premier bénéficiaire », conclut le GCA Vollmer pour résumer ses nouvelles impressions.


Le regard vers l’avenir

Pour parachever sa journée au programme chargé, le GCA Vollmer a prononcé un discours sur la situation de l'armée de terre. « La situation de sécurité s'est globalement détériorée. Les missions de l'armée de terre incluent, notamment en opération, tout l'éventail des obligations allant de l'Afghanistan à des interventions similaires à des opérations dans les pays baltes en passant par l'Afrique », explique le GCA Vollmer. La défense nationale et collective ainsi que les opérations de stabilisation doivent être assumées en parallèle et avec le même degré de priorité. Ceci suppose que les personnels de tous les niveaux aient acquis une formation optimale, aussi vaste qu'approfondie, et qu'ils disposent de matériels opérationnels en nombre suffisant. Le GCA Vollmer n'a laissé aucun doute sur le fait qu'il s'agit là d'une mission colossale, mais a souligné en même temps que les tournants décrétés par le ministère fédéral de la Défense laissent d'ores et déjà une plus grande marge de manoeuvre.

Tournants en marche

Il existe un « tournant Ressources humaines », un « tournant Matériels » et un « tournant Finances ». La multinationalisation lancée permet encore d'autres options d'action. Pour bien montrer qu'en dépit de tous les enjeux actuels, le GCA Vollmer garde une pointe d'humour, sa déclaration finale est la suivante : « Ma profession est une grande source de satisfaction. Mais je ne peux pas tout faire tout seul ; j'ai besoin de vous. Engagez-vous massivement pour que nous puissions construire ensemble l'avenir de l'armée de terre. »

 

 

 

 

 

 

Autor: Inka von Puttkamer ; Fotos: Katharina Junge

Hamburg, 06.07.2017

Général Wieker : « La sécurité, oui, mais elle n'est pas gratuite »'

Général Wieker : « La sécurité, oui, mais elle n'est pas gratuite »

Le vice-amiral Carsten Stawitzki lors de son allocution de bienvenue.

Le vice-amiral Carsten Stawitzki lors de son allocution de bienvenue.

Deux amiraux passent à l'action

Deux amiraux passent à l'action

Avancer sur la même voie

Avancer sur la même voie

Volker Wieker, chef d'état-major de la Bundeswehr, a invité les participants au stage élémentaire de formation d'état-major (BLS) et au stage « Principes de la conduite et de la planification opérationnelles » à un échange intensif « ouvert et franc ». Le militaire le plus gradé des forces armées allemandes, venu tout spécialement à la Führungsakademie de la Bundeswehr pour une allocution et un échange de vues, a rencontré les officiers qui sont en train de se qualifier pour le stage national d'École de guerre et s'est entretenu avec eux. Chaque année, le chef d'état-major de la Bundeswehr aime consacrer du temps aux nouveaux participants au stage élémentaire de formation d'état-major bien qu'il s'agisse d'un « défi d'atteindre chacun des membres de la Bundeswehr afin de leur transmettre les messages qui sont importants pour nous », explique-t-il.

Des questions exprimées en texte clair

IEn ces temps mouvementés, il lui tient très à coeur d'entretenir des échanges personnels. Les jeunes officiers qui commencent leur parcours de militaire de carrière le prennent au mot. Ils posent des questions personnelles, controversées et provocantes sur tous les thèmes débattus actuellement au sein de la Bundeswehr : le programme opérationnel très chargé, les débats récents dans les médias à propos de la troupe, des questions relatives aux ressources humaines, aux matériels, au budget ou encore concernant aussi la communication interne et les projets d'acquisition de matériels.

Des réponses sans fard

De bon coeur, le général Wieker répond aux questions. C'est dans ce contexte empreint de grande sincérité et de probité qu'il apprend p. ex. ce qu'une cheffe de compagnie de Donauwörth a vécu. Ceci n'est possible que si un climat de confiance est instauré - des deux côtés. En répondant à toutes les questions, il met en évidence son rôle d'intermédiaire entre les militaires et les dirigeants politiques du ministère fédéral de la Défense. Il précise que « toutefois l'objectif commun prédomine »..

Des améliorations motivantes

Il souligne que la dernière législature a permis de nombreux développements positifs en termes de budget militaire et d'effectifs militaires, qui ont considérablement augmenté. Il cite aussi les mesures publicitaires efficaces et la participation à la montée en puissance de la force d'intervention rapide de l'OTAN (Very High Readiness Joint Task Force). Ce qui l'amène à parler de la situation en matière de politique de sécurité dans laquelle l'Allemagne se trouve aujourd'hui. « La sécurité, oui, mais elle n'est pas gratuite », explique-t-il et il donne plusieurs exemples allant de la crise en Crimée au stationnement des troupes de l'OTAN dans les États baltes pour montrer le rôle de l'Allemagne en tant que partenaire fiable et responsable en Europe. Il précise qu'on attend certaines choses de la puissance moyenne qu'est l'Allemagne. La défense nationale et la défense collective sont de nouveau au centre des préoccupations, poursuit le général Wieker et renvoie ainsi à la présentation des résultats du stage national d'École de guerre sur le thème intitulé « Repenser la défense nationale et la défense collective »..

Des paroles dans un esprit de camaraderie

Une des dernières questions posées porte sur les enseignements que devraient tirer les participants au stage élémentaire d'état-major. Dans ce nouveau contexte d'une formation orientée sur les compétences, sans examens finaux, il répond que le stage, au contenu révisé, ambitionne de saisir l'ensemble de la personnalité et les talents des stagiaires (informations sur la formation centrée sur les compétences professionnelles requises). Cela ne fait de doute : il existe actuellement un grand besoin d'échanges entre les niveaux hiérarchiques de la Bundeswehr. Le général Wieker déclare que « les récents développements demandent maintenant du temps avant de pouvoir afficher leurs effets, que tous les personnels de la Bundeswehr doivent s'engager sur la même voie de la réussite ». Même avec un agenda bien rempli, la communication se situe en tête des priorités du général qui laisse entendre qu'il va rester dans ce schéma, à savoir parler les uns avec les autres plutôt que de parler les uns sur les autres ». Conformément à ce leitmotiv, le prochain stage élémentaire d'état-major qui commencera en fin d'été peut sans aucun doute se réjouir des paroles franches et directes de son plus haut supérieur hiérarchique.

Rédactrice: Christiane Rodenbücher; photos: Katharina Junge

Hambourg, 09.06.2017

 Le général de brigade Thomas Hambach prononce son discours d'adieu

 

Le vice-amiral Carsten Stawitzki avec l'ancien directeur de l'Enseignement, le général de brigade Hambach et le nouveau directeur intérimaire Thießen

 

La musique de Kiel a assuré un cadre musical de cette manifestation

Le général de brigade Hambach et son épouse à la réception

Invités réunis dans la Rotunde pour fêter le départ

Jörn Thießen, successeur et directeur intérimaire



« Exigences » et « défis » : C'est en ces termes que le général de brigade Thomas Hambach décrit les trois années qui viennent de s'écouler. A cette époque, on lui avait demandé de reprendre la fonction de Directeur de l'Enseignement. « Chaque jour, avoir le droit de réfléchir à ce que nous pouvons apporter aux futurs officiers supérieurs et officiers brevetés d'état-major pour les préparer à la suite connue mais aussi inconnue de leur chemin ainsi que sur le meilleur moyen de le leur enseigner ». Le général Hambach a toujours considéré cette activité comme un enrichissement. C'est certes avec un brin de tristesse qu'il quitte Hambourg pour rejoindre Erfurt où il est nommé commandant en second du commandement de logistique de la Bundeswehr. Son successeur est Jörn Thießen, actuel directeur des sciences sociales et politiques, qui va assumer la fonction de directeur de l'Enseignement à titre provisoire.

Engagement personnel

Dans le cadre d'une cérémonie solennelle, le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie, a remercié le général Hambach pour son grand engagement et aussi pour la chaleur humaine et l'investissement personnel qu'il a apportés à cette institution de Hambourg. 150 personnes ont participé à la cérémonie d'adieu. Des représentants de la politique, de l'économie, de la société ainsi que de divers organismes des forces armées sont venus lui dire au revoir.

Remerciements à tous les collaborateurs

Le général Hambach a choisi une citation de Confucius pour son discours d'adieu pour exprimer que son service à la Führungsakademie a été pour lui une source de joie quotidienne : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ». Il précise toutefois que ceci n'a été possible qu'avec l'aide professionnelle des militaires et des personnels, puis ajoute à l'adresse de tous les personnels en guise de remerciements : « Je n'ai pas eu à prendre de décision quant à ce poste, mais si je repars avec des sentiments si positifs, le mérite en revient à vous tous ».

Plus-value dans la formation

En plus de la transmission de savoir, le général Hambach considérait comme une priorité dans la formation d'assurer une plus-value au profit des stagiaires. En effet, en ces temps exigeants et volatiles, donner quelque chose de sa propre expérience avant de laisser partir ces jeunes gens - nos cadres de demain - prendre leur envol a été pour lui une mission essentielle.
 

La sécurité dans l'action

A l'aide des trois mots-clés que sont « pouvoir », « vouloir » et « avoir le droit », il illustre quel type de plus-value la formation à la Führungsakademie devrait donner aux stagiaires : « La notion de « pouvoir » exprime la capacité d'action du chef militaire dans toute situation, aussi imprévue soit-elle, la notion de « vouloir » exprime la volonté d'action ainsi que l'ambition d'engager un développement personnel et la troisième notion de cette trilogie « avoir le droit » signifie que l'officier à la Führungsakademie y trouve le cadre lui permettant de tester sa conception du commandement personnelle. »

Le droit à la culture de l'erreur

Pendant la formation, il s'agit de pouvoir faire aussi des erreurs, explique le général Hambach, cela en fait partie « et le lieu le plus propice n'est-il pas ici, à la Führungsakademie ? » C'est par ces mots que le général Hambach parachève la description de l'objectif de formation de départ qu'il a pu quelque peu modelé dans le cadre de ses fonctions à la Führungsakademie. Il ajoute encore une question qui, pour lui, conserve toute sa validité jusqu'à ce jour pour la fonction notamment d'un officier breveté d'état-major : Comment pouvons-nous transmettre le commandement au sens de notre « Innere Führung », cette conception véritablement unique de la formation morale et civique ?

Créativité et responsabilité

Et il ajoute : « Formuler sa propre intention de telle sorte qu'elle laisse un espace libre propice à la créativité et à la profusion de nouvelles idées » est toujours et encore un défi pour le général Hambach qu'il souhaite aussi transmettre aux stagiaires. « Savoir déléguer une responsabilité, mais savoir aussi l'assumer. Donner confiance, mais devoir aussi la mériter sont les deux côtés d'une médaille. » Avec ses paroles précieuses en guise d'adieu, il a certes jeté un regard sur le passé mais aussi mis le doigt sur les problématiques actuelles de la Führungsakademie. Il a mentionné les conditions exigeantes, qui changent très souvent, et en même temps, il a fait remarquer que tout changement demande du temps.

Critique et richesse des idées

« Avoir accepté la fonction de directeur de l'Enseignement a été simple ou moins simple, mais devoir la quitter me coûte beaucoup plus, » explique le général Hambach et « si je ressens le temps passé ici comme tel, le mérite en revient essentiellement aux personnels de la Führungsakademie, aux directeurs de division d'enseignement, aux professeurs, y compris aux nombreux réservistes. Je vous suis à tous reconnaissant pour l'accueil, pour la sincérité et surtout pour la confiance, pour les paroles et les remarques critiques ainsi que pour l'engagement et la richesse des idées. »

« Une mission pas si simple »

Dans son allocution, le vice-amiral Stawitzki précise que pendant les années où le général Hambach a dirigé l'Enseignement, quelque 200 000 unités d'enseignement ont été dispensées aux militaires de plus 100 nations par une centaine de professeurs et plus de 500 intervenants extérieurs. Le commandant de la Führungsakademie continue en ces termes : « Je tiens à vous exprimer ma plus grande gratitude pour votre travail et votre engagement ; c'est en effet un défi particulier d'exercer cette activité avec le coeur, la raison et la sensibilité qu'elle requiert. » Le commandant félicite le général Hambach pour la boîte à outils remise aux stagiaires mais aussi pour ses méthodes abouties, le conseil critique ainsi que la coopération constructive. « C'est vous qui avez tout initié et fait avancer – merci beaucoup. » Les musiciens de la musique des équipages de la flotte sous la direction du capitaine de frégate Szepanski ont assuré l'encadrement musical de cette cérémonie d'adieux avec des morceaux en majeur et mineur qui ont souligné certes la tristesse du départ, mais aussi les moments joyeux du temps passé et de la prochaine mission.



 

Exploiter tous les potentiels : La journée de la diversité à la Führungsakademie de la Bundeswehr à Hambourg

Rédacteur : Jürgen Bredtmann ; photos : Michael Gundelach / Laura Clayborn

Hambourg, le 31.05.2017

Le groupe « Cause of Action » sur scène

Dr. Maren Tomforde, organisatrice du projet

Le vice-amiral Carsten Stawitzki mise sur les compétences et les talents de ses personnels.

Katharina Junge a été chargée de concevoir l'exposition et de prendre les photos

Interrogation interactive du subconscient

Dr. Petra Köppel « Autoriser la différence »

Formulaire d'auto-évaluation à remplir

Les photos de cette exposition itinérante pourront être aussi vues dans d'autres lieux.

La diversité s'exprime aussi dans la musique comme l'a montré le groupe « Cause of Action » de la Führungsakademie de la Bundeswehr. Un concert avec deux guitares, un orgue électronique, un cajon et trois chanteurs ont accompagné cette journée de la diversité à Hambourg. Depuis 2012, la Bundeswehr soutient la charte de la diversité, cette fois-ci dans le cadre d'une exposition photo.

« Avec cette exposition photo, notre objectif est de montrer la diversité dans les différents organismes de Hambourg », déclare Katharina Junge, photographe de la Führungsakademie pour expliquer le concept qui se cache derrière le projet « La diversité en uniforme ». 70 personnes en poste dans divers organismes militaires de Hambourg se sont déclarés volontaires pour être photographiés d'abord en uniforme ou en tenue de travail et ensuite dans une tenue qu'ils portent à l'extérieur du travail ou pendant leurs loisirs. Il a été aussi pris une troisième photo d'un objet librement choisi auquel la personne accorde de l'importance.


Portraits en pied avec textes

Les photos sont accompagnées d'interviews sur l'identité privée et professionnelle de la personne ; des citations explicitent les portraits en pied. Qui se cache-t-il derrière cet uniforme – Qui derrière cette tenue de travail ? « Très souvent, dans la hectique de notre quotidien, nous percevons les personnes exclusivement dans leur fonction officielle. Les individus qui se cachent derrière, avec l'éventail de leurs intérêts, de leurs capacités et de leurs potentiels, restent souvent inconnus  », précise Dr. Maren Tomforde, professeur à la Führungsakadmie, qui s'était chargée de l'organisation globale de cette journée de la diversité de la Bundeswehr à Hambourg.

Se donner les possibilités de développer des talents

Le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie, avait inauguré, quelques temps auparavant, cette manifestation dans la salle Gneisenau du Centre Manfred Wörner à la caserne Clausewitz. « Prenez, par exemple, mon nom. Vous verrez que ma famille vient de Prusse orientale, ce qui nous a posé quelques problèmes lorsque nous avons cherché un logement en 1992 », précise le commandant en relatant ses diverses expériences personnelles à propos des préjugés. « Constituer une équipe performante - tantôt plus homogène tantôt plus hétérogène - pour résoudre ensemble des tâches, telle est notre fonction de commandement, que l'on se trouve autour de la table d'opération, dans une petite cellule de combat ou qu'il s'agisse d'une réunion », ajoute-t-il. Il explique qu'en effet le climat de travail est la raison essentielle qui fait que les personnels restent dans une entreprise ou en démissionnent.

Pensée compartimentée inconsciente

La Führungsakademie a organisé la cinquième journée de la diversité à l'échelle fédérale à Hambourg en étroite coopération avec d'autres organismes de la Bundeswehr implantés dans la ville. A 9h30, 250 représentants de l'hôpital de la Bundeswehr, de l'université militaire Helmut-Schmidt, du commandement du land et de la Führungsakademie de la Bundeswehr se sont réunis pour un symposium dans la caserne Clausewitz. « La diversité de ces organismes est impressionnante quand on regarde les sept dimensions de diversité que sont l'origine ethnique et nationale, l'orientation sexuelle, les capacités physiques et intellectuelles, la religion et les croyances, l'âge, le sexe et l'origine sociale ; elle implique de nombreux défis, mais aussi des perpectives toutes aussi nombreuses, car l'homme est capable de forger ses propres idées  », argumente le vice-amiral Stawitzki.

 
Une journée riche en impulsions

Dr. Petra Köppel de la société de conseil Synergy Consult a expliqué dans son discours d'introduction les profits que la Bundeswehr pourrait tirer de la diversité. « La diversité n'est pas toujours visible. La première impression suffit à se faire un jugement », exhorte-t-elle. L'expérience, les valeurs et les positions restent invisibles dans un premier temps. « La diversité ne fonctionne qu'avec l'estime et est ainsi un facteur d'une plus grande satisfaction professionnelle et d'une meilleure gestion des tâches. »


La diversité est une tâche de management

 « La diversité est une tâche de management et commence tout en haut de la hiérarchie, explique cette consultante en gestion et ajoute : « Dans un monde complexe, il est en effet absolument indispensable d'avoir des catégories, mais qui peuvent donner une vision distordue et aboutir au fait que l'on se laisse guider par des stéréotypes. » Elle précise qu'il est important de faire une distinction entre la description et le jugement afin de pouvoir s'interroger sur la première impression et se permettre une critique. « Seuls ceux qui se remettent en question, brisent des schémas de pensée et quittent leurs zones de confort, peuvent supporter l'insécurité, autoriser la différence, se montrer curieux et évoluer » souligne Dr. Köppel. Il s'agit d'exploiter les potentiels - et de tout monde.


Une diversité multicolore

Puis trois ateliers ont eu lieu l'après-midi au cours desquels il était question de « diversity management » dans un contexte d'égalité des chances en tant que tâche de management, des diversités vécues au sein de la Bundeswehr et donc des expériences faites ainsi que des enjeux relatifs à l'équilibre entre la vie de famille et le service. En parallèle, les acteurs du « Kaleidoskop-Theater » de Hambourg-Altona ont improvisé sur le thème de la diversité tout en faisant participer le public. Certaines déclarations de spectateurs en réponse à des questions des acteurs sur la diversité en général ont fait ensuite l'objet d'une improvisation théâtrale, à la plus grande hilarité du public : « Nous nous sommes pleinement reconnus ».


Présentation des initiatives de diversité

Une bonne communication, des exigences transparentes et la confiance requise pour pouvoir s'ouvrir sont des conditions essentielles afin que des initiatives, telles que des comités de conseil à la diversité, un symposium sur la diversité, des questionnaires que les personnels auront à remplir, un cursus de master « Leading diversity » professionnalisant dans un contexte de recherche scientifique, le dialogue des cultures ou un séminaire d'une semaine sur ce thème et diverses manifestations dans le cadre de la journée de la diversité 2018 puissent avoir du succès.


Conclusion

Conclusion du commandant qui a tiré grand profit de cette journée : « Je tiens à souligner l'atmosphère agréable et postive qui a régné tout au long de cette journée. Ajoutons encore la présentation de lancement de Madame Petra Köppel, la prestation du groupe de musique de la Führungsakademie - une bonne surprise - ainsi que les ateliers et leurs nombreuses impulsions de valeur et puis bien sûr l'exposition de photos. Tout ceci et plus particulièrement la diversité ont contribué à la réussite de cette journée.

Auteur : Stefan Berger ; photos : Katharina Junge

Hambourg, le 17 mai 2017

L'amiral Stawitzki accueille l'amiral Trojahn à la Führungsakademie de la Bundeswehr

L'amiral Trojahn signe le livre d'or de la Führungsakademie

Entretiens entre amiraux

 

 

 

Le vice-amiral Frank Trojahn, Chief of Naval Staff de la marine royale danoise, en visite à la Führungsakademie de la Bundeswehr

Les stagiaires à la Führungsakademie proviennent traditionnellement de pays et de milieux culturels différents ; d'où la grande diversité d'uniformes sur le campus. Le fait de se connaître personnellement puis de continuer à communiquer en réseau aident à mieux se comprendre et à se respecter mutuellement. C'est dans ce contexte que le 11 mai 2017, la Führungsakademie de la Bundeswehr a accueilli un visiteur bien particulier. En effet, vingt ans après que Frank Trojahn, aujourd'hui vice-amiral, a participé au stage national supérieur d'état-major (LGAN 1997) de deux ans, cet ancien stagiaire est revenu à Hambourg pour une courte visite .

La Führungsakademie aujourd'hui et hier

A l'issue des entretiens entre amiraux - le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie, le contre-amiral Karsten Schneider, directeur des stages et le vice-amiral Trojahn - ce dernier a pu faire le tour de la caserne Clausewitz, comme il l'a souhaité. Dans les bureaux de la marine, l'hôte a aussi rencontré un camarade de la 39e promotion du stage supérieur d'état-major (marine), et très vite, les souvenirs communs ont fait revivre le temps passé ensemble à l'Académie. « Il y a aujourd'hui beaucoup de choses nouvelles, mais il y a encore des choses connues. On a l'impression de revenir à la maison. Les nouvelles salles de cours modernes et le centre Manfred Wörner sont certes très impressionnants, mais ce qui est particulièrement agréable, c'est la bonne ambiance qui règne ici, hier comme aujourd'hui » a constaté, reconnaissant, l'amiral Trojahn dans son entretien avec le capitaine de vaisseau Strauss, directeur du domaine Marine et représentant du chef d'état-major de la Marine allemande à la Führungsakademie.

Échange de vue avec la jeune génération

Le chef d'état-major de la marine danoise a été accompagné par un de ses successeurs, participant au stage national supérieur d'état-major LGAN 2015. Le capitaine de corvette Nicolai Svane a expliqué en détail à son supérieur quelles étaient ses expériences avec le concept de formation actuel de l'Académie. Ainsi, le programme d'étude des stagiaires actuels comprend non seulement des sujets militaires mais également des conférences et des séminaires relatifs à des problématiques sociétales et économiques.

La cooopération continue

« Pour le Danemark, l'Allemagne est un partenaire stratégique important dans la région » a noté le vice-amiral Trojahn à la fin de sa visite. « A l'avenir aussi, nous souhaitons profiter de cet établissement de formation particulier et des offres qu'il propose ». D'ores et déjà, il est prévu qu'un officier de la marine danoise participe également au LGAN 2017. Et un jour peut-être, ce dernier rendra, lui-aussi, visite à l'Académie en qualité d'amiral.

 

 

 

La Führungsakademie, un exemple de soutien informatique adapté aux enjeux de l'avenir

Auteur : Maximilian Voß; photos: Michael Gundelach, Laura Clayborn

Hamburg, 02.02.2017

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Le commandant de la Führungsakademie et le directeur régional de la société BWI IT signent l'accord

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Dr. Ursula von der Leyen, ministre fédérale de la Défense, lors de son discours en novembre de l'année passée

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Acte documentant le développement du paysage informatique de la Führungsakademie

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Une situation gagnant-gagnant pour les partenaires

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Les représentants de la société BWI IT lors de signature du projet à la Führungsakademie

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La signature signifie le lancement de la phase suivante

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Le vice-amiral Carsten Stawitzki, commandant de la Führungsakademie der Bundeswehr, et Dr. Adrian Overberg, directeur régional de la société BWI IT, ont signé ce jour le concept sur le développement du paysage informatique de l'École de guerre à Hambourg. Le contenu du projet est conséquent : Tout d'abord, l'inventaire de tous les systèmes informatiques de la Führungsakademie. Ensuite, le projet décrit des solutions répondant aux besoins de la Führungsakademie et la manière dont la société BWI IT pourrait adapter les prestations de service. « Nous nous trouvons sur la ligne de départ pour entreprendre une démarche commune », explique le vice-amiral Stawitzki. La signature du projet symbolise le lancement de la phase suivante. Ce document étant signé, l'étape suivante prévoit d'entamer une planification détaillée : Comment les partenaires peuvent-ils réaliser leurs objectifs ? Comment peuvent-ils adapter à l'avenir aussi les capacités nécessaires de la Führungsakademie aux futurs enjeux ?

Un modèle pour la Bundeswehr

 « Je voudrais que la Führungsakademie continue à se développer », a déclaré la ministre fédérale de la Défense lors de sa visite à la Führungsakademie en novembre. « Un bon enseignement est aussi une question de moyens techniques », a ajouté Ursula von der Leyen. Elle explique que la Führungsakademie doit être aux avant-postes dans les domaines de la numérisation et des questions d'enseignement à distance et aussi dans le domaine de la formation en ligne. « Et s'il subsiste encore quelques obstacles techniques et matériels, l'occasion est donnée d'y remédier », insiste la ministre. Le premier a avoir initié le développement du paysage informatique est l'état-major du service de soutien interarmées, suite à quoi l'équipe informatique de la Führungsakademie a elle-même élaboré un concept pour une solution tournée vers l'avenir.

Statut particulier

Dans le paysage informatique, la Führungsakademie occupe actuellement une place particulière au sein des forces armées. Elle est un « ilot informatique » de la Bundeswehr qui ne profite pas encore entièrement des services globaux de la BWI, le prestataire central de services informatiques au profit de la Bundeswehr. En effet, du fait de son statut particulier en tant qu'organisme d'enseignement à la fois militaire et international, la Führungsakademie a exploité jusqu'à présent son propre réseau informatique. Des informaticiens hautement qualifiés gèrent l'ensemble du parc informatique et assurent le soutien technique des utilisateurs tout autant que les prestations TI de tout l'organisme. A l'avenir, d'autres prestations TI du projet HERKULES qui met à disposition l'ensemble de la TI du parc bureautique, devraient pouvoir être utilisées. A cette fin, les informaticiens de la Führungsakademie ont effectué un inventaire exhaustif des systèmes TI en service en collaboration avec l'Office fédéral des équipements, des technologies de l'information et du soutien en service de la Bundeswehr ainsi que la société BWI IT.

De nouvelles solutions - pas seulement à Hambourg

De plus, la BWI a été chargée par la Bundeswehr dans le cadre de l'étude « interoperables cloud-computing » (IOCC) d'évaluer les possibilités offertes par le cloud-computing au profit des forces armées. Avec l'IOCC, les utilisateurs auront accès à des données et des programmes qu'ils pourront traiter, indépendamment de leur lieu de travail. Le développement du paysage informatique de la Führungsakademie est l'occasion de les utiliser comme cas d'application du cloud-computing. Ainsi, la Führungsakademie, de par les résultats obtenus et le processus de développement suivi, pourrait servir d'exemple voire même de modèle à suivre pour d'autres organismes de la Bundeswehr ; elle pourrait aussi assumer une fonction de conseil et de soutien auprès de ces autres organismes dans le cadre de leurs projets en coopération avec la BWI IT. Mais il faut, dans un premier temps, se doter des moyens techniques, économiques et organisationnels nécessaires.

Des idées développées

Le concept actuel élaboré ensemble tient compte des particularités de l'enseignement dispensé à la Führungsakademie et configure l'ensemble du paysage informatique de sorte qu'il puisse relever les défis de l'avenir. Le mot clé central est « la mise en réseau » par-delà les frontières nationales, avec les armées d'autres pays et avec les partenaires de l'Alliance. « Certaines choses sont tout simplement différentes à la Führungsakademie. Ainsi, la formation des officiers supérieurs allemands et internationaux a certaines exigences que l'on ne retrouve pas dans les autres organismes de formation de la Bundeswehr », déclare le vice-amiral Stawitzki. « Il faut partir de ce constat et identifier avec précision ce dont l'utilisateur informatique a besoin. 

Objectif concret

L'objectif que la Führungsakademie poursuit en développant son paysage informatique consiste à pouvoir mettre à la disposition de tous les personnels de la Führungsakademie des prestations informatiques adaptées à leurs missions et leurs besoins, qu'il s'agisse du téléphone, des ordinateurs et des serveurs. Ces moyens doivent toujours rester modernes et performants afin de pouvoir satisfaire aux enjeux stratégiques TI du ministère fédéral de la Défense et du programme d'attractivité de la Bundeswehr « Bundeswehr in Führung – Aktiv. Attraktiv. Anders » initié par le ministère de la Défense.

Toute une palette d'outils

En parallèle, il s'agit de mettre en place une gestion des risques adaptée au contexte et d'assurer la sécurité TI requise sans que la flexibilité d'accès aux prestations informatiques ne s'en trouve limitée. Quant aux démarches concrètes pour y parvenir, différents workshops auront lieu pour que les représentants des services concernés puissent les élaborer. Le vice-amiral Stawitzki insiste en ces termes : « Il nous faut développer le travail collaboratif et être à l'écoute des autres. C'est la seule voie pour identifier les besoins du futur puis pourvoir durablement en ressources, qu'il s'agisse des matériels, des personnels et de la formation.

Auteur : Maximilian Voß ; Photos : Katharina Junge ; Laura Clayborn

Hamburg, 24.01.2017

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Le commandant de la Führungsakademie de la Bundeswehr accueille les nombreux invités

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M. et Mme Warburg et Mme Aydan Özoguz, ministre d'État, dans une ambiance conviviale à la réception du Nouvel An

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Katharina Fegebank, adjointe au maire de Hambourg, représente le parlement hambourgeois

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La THW (agence fédérale de secours technique) représentée par Armin Hitzemann était également présente

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Le capitaine de vaisseau Michael Setzer accueille les quelques 500 invités dans la salle Scharnhorst

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La coopération entre les divers organismes est aussi essentielle à l’avenir

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Encadrement musical : Le groupe « Die Anker », étudiants de l'université militaire Helmut-Schmidt

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Les chefs des cinq grands organismes de la Bundeswehr à Hambourg autour de la maire adjointe de Hambourg. De gauche à droite : Regierungsdirektor Jülf Draheim (BwDLZ Hamburg), capitaine de vaisseau Michael Setzer (Landeskommando Hambourg), vice-amiral Carsten Stawitzki (Führungsakademie de la Bundeswehr), Katharina Fegebank (maire adjointe), Prof. Dr. Wilfried Seidel (Université militaire Helmut-Schmidt), MGA Dr. Joachim Hoitz (hôpital militaire)

« Les changements ont bien souvent besoin d'une impulsion externe ». Lors de la réception donnée dans les salles de la Führungsakademie de la Bundeswehr à Blankenese, le commandant vice-amiral Stawitzki a choisi l'exemple historique du modernisateur et réformateur de l'armée de terre et l'a placé au centre de ses réflexions. Scharnhorst a saisi la césure provoquée par les événements mondiaux pour amorcer des réformes. Le monde a changé, la Führungsakademie doit plus que jamais s'adapter à ces évolutions afin d'optimiser la préparation de ses futurs cadres à leurs missions. L'importance croissante de la Führungsakademie se reflète aussi dans le changement de son rattachement organique : A partir de maintenant, la Führungsakademie est subordonnée au chef d'état-major des armées.

Formation moderne

La formation initiale, la formation continue et le perfectionnement vont être réorganisés en profondeur. « Le principe décisif est que nous devons tout d'abord comprendre la portée politique d'un monde toujours plus complexe avant de pouvoir en tirer des conséquences sur l'engagement des forces militaires », déclare le vice-amiral. Celui-ci s'est fixé pour objectif de mettre en œuvre ce principe à la Führungsakademie ; en effet, il est important pour lui de toujours remettre en question la formation afin qu'elle reste moderne.

Les cadres de demain

 « Nos questionnements sur la situation sont sans complaisance et penser l'impensable est permis », explique-t-il. « Le chef militaire de demain est confronté aux défis de l'avenir. C'est pourquoi nous devons lui enseigner des connaissances méthodologiques et transmettre des compétences opérationnelles », ajoute-t-il. Afin de le préparer au mieux à sa future mission et lui permettre une plus large flexibilité au niveau de la pensée, l'ensemble des programmes de formations initiale et continue va être remanié. « Notre monde qui évolue à un rythme accéléré exige de nos militaires dès les premières années un fort tribut », précise le vice-amiral. « Il n'existe pas de schéma préfabriqué pour les futurs enjeux sécuritaires. C'est pourquoi les cadres de demain doivent être capables d'identifier à temps les tendances et d'envisager des scénarios possibles. »

De grandes exigences

« Les soixante dernières années, la Führungsakademie a toujours su faire face aux défis générés par le développement de l'enseignement et s'élever dans la cour des grands. Elle y a sans aucun doute sa place et doit la conserver », argue le vice-amiral Stawitzki. Pour lui, l'avenir de la Führungsakademie passe « par une méthodologie et une didactique ainsi qu'un programme d'enseignement constamment adaptés aux besoins actuels grâce à une formation reconnue à l'échelle internationale et synonyme d'avenir en action conjointe avec d'autres services et instituts scientifiques. »

Facteur humain

« C'est une grande joie pour moi de pouvoir participer au remaniement de la formation à la Führungsakademie », raconte le commandant. Il sait bien que ce projet n'aboutira qu'avec le « travail d'équipe de toutes les personnes remarquables ici présentes à la Führungsakademie ». Il tient à les remercier toutes pour tout ce qui a déjà été réalisé et porte un regard optimiste sur les prochains mois. Il souligne ce qui unit et souhaite la bienvenue aux invités à cette réception qu'ils nomment « des amis de la Bundeswehr ». « Car cette année, ce qui est particulièrement important est ce qui nous unit, notre vision commune et nos efforts conjugués. »

De nombreux invités

La réception du Nouvel An de la Bundeswehr est chaque année l'occasion de passer en revue l'année qui vient de s'achever. Au nom des 18 organismes de la Bundeswehr présents dans la ville hanséatique, le capitaine de vaisseau Michael Setzer, à la tête du commandement du Land Hambourg, major de garnison et parrain de cette réception annuelle, souhaite la bienvenue aux nombreux invités d'institutions politiques, des pouvoirs publics et de la société civile.

L'armée sollicitée à Hambourg

« L'année passée a été riche en événements et en défis à relever », précise-t-il d'emblée. Jusque dans les derniers mois, l'aide aux réfugiés de la Bundeswehr n'a pas été sans laisser de traces sur les organismes de la Ville hanséatique. « En effet, dans le cadre de la coopération civilo-militaire, nos quelques 5800 militaires ont apporté leur aide aux services de secours, soutenant ainsi les services publics et organisations de Hambourg », résume le capitaine de vaisseau Setzer.

Intégration comme chance

Un engagement qui porte ses fruits. Entre-temps, les premières installations mises à disposition et servant temporairement d'hébergement ont été remises à leurs utilisateurs d'origine. « Mais nos efforts en matière d'intégration doivent se poursuivre ! », rappelle-t-il. Le capitaine de vaisseau Setzer voit en effet dans l'immigration contrôlée « une chance pour notre pays » qu'il ne faut pas laisser passer. Des paroles qui se font entendre non seulement auprès de Mme Aydan Özoguz. En effet, la ministre d'État auprès de la chancelière fédérale et commissaire auprès du gouvernement fédéral en matière de migration, réfugiés et intégration est une des nombreuses personnes de marque invitées à cette réception.

Pour la paix

Un autre événement majeur a exigé aussi la présence de l'armée à Hambourg. Lors du Conseil ministériel de l'OSCE en décembre, la Bundeswehr a apporté un soutien technique dans le cadre de ce sommet. Le capitaine de vaisseau Setzer sait très bien que « la paix n'est pas une chose qui va de soi ». « La paix est synonyme de travail, et pas seulement pour nous, l'armée ». Il met l'accent sur l'importance de l'OSCE en tant que plate-forme facilitant les discussions interétatiques. « Des dialogues qui ne doivent pas s'interrompre », exhorte-t-il.

Le partenariat reste indispensable

« La modernisation et le changement sont les thèmes de la nouvelle année », déclare le capitaine de vaisseau Setzer en se projetant dans l'avenir. Les développements de la situation sécuritaire rendent nécessaires une réorientation stratégique des forces armées ainsi que le rééquilibrage entre la défense de l'Allemagne et celle de l'Alliance. « En effet, l'Allemagne sera, à l'avenir, de plus en plus impliquée dans la gestion de crises », en conclut-il. Après une longue période de rationalisation, le changement de tendance dans le domaine des ressources humaines, des matériels et des moyens financiers constitue le fondement pour assumer cette mission. Il est d'avis que d'autres éléments importants tels que la coopération entre les organismes, l'engagement des réservistes et de partenaires civils constituent des composants essentiels. « A tous, j'exprime mes plus vifs remerciements. Ils doivent savoir que nous restons à leurs côtés comme partenaire », conclut le commandant du Landeskommando.

Montrer le bon exemple

Le groupe A-capella « Die Anker » de l'Université militaire Helmut-Schmidt assure, avec sa musique vitaminée, le programme musical tout au long de cette réception. Le vice-amiral Stawitzki fait ainsi une comparaison pertinente en précisant que « le choix de ce groupe symbolise le lien étroit entre les organismes de formation de la Bundeswehr situés à l'Est et à l'Ouest de Hambourg ». Et ce n'est pas le seul exemple de cette journée et de ce travail coopératif entre les organismes à démontrer ce qui unit.

 

Auteur : Nils Wienböker; photographe : Katharina Junge / PIZ Marine

Hamburg, 15.09.2016

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Le chef d'état-major de la marine au Manfred-Wörner-Zentrum

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Canon d'artillerie navale OTO Melara : portée et précision

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L'amiral Krause répond aux questions des auditeurs

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La frégate « Baden-Württemberg » est remise en état.

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Les auditeurs suivent l'exposé avec grand intérêt

Dans la salle Gneisenau, le chef d'état-major de la marine parle ouvertement de la situation de la marine, de son histoire ainsi que de son avenir. Depuis sa création en 1955, la marine allemande est l'armée la plus petite de la Bundeswehr, explique le vice-amiral d'escadre Andreas Krause. Mais la taille ne dit rien de l'importance pour la défense nationale. A l'époque de leur création, la mission des forces navales de la Bundeswehr était clairement définie : En cas d'escalade de l'affrontement Est-Ouest, elles devaient assurer l'escorte de convoi pour les bâtiments de soutien logistique dans la Mer du Nord. De plus, elles devaient être en mesure de bloquer, en coopération avec la marine danoise, les approches de la Mer Baltique afin d'encercler et d'interdire les bâtiments de guerre soviétiques.

Nouvelles tâches, même mission

Avec le déclin du Pacte de Varsovie, ces capacités devinrent en grande partie obsolètes, fait remarquer l'amiral. Depuis les années 90 du siècle passé, la marine se trouve, tout comme les deux autres armées, dans un processus continu de réforme et de réduction. Comme dans les autres armées de la Bundeswehr, on constate dans la marine aussi un recentrage sur son métier principal, le combat armé. « L'arc de crise méridional - Proche-Orient, Afrique du Nord - subsiste », explique le vice-amiral d'escadre Krause. Par conséquent, le sauvetage des réfugiés dans la Méditerranée et la lutte contre la piraterie à la Corne de l'Afrique compteront, aussi à l'avenir, parmi les missions de la marine allemande. En même temps, elle dont être en mesure de faire face à court terme à des scenarios plus intenses. Pour pouvoir être efficace dans le haut du spectre des conflits tandis que les exigences opérationnelles en cours se situent dans le bas du spectre, il faut de la « rétrocompatibilité ».

Des standards élevés permettent d'être flexible

Le secret réside dans la formation. En effet, seulement des standards élevés dans les domaines formation et qualification permettent d'assurer cette souplesse et cette qualité des équipages. Pour cette raison, la marine a toujours besoin d'effectifs spécialisés. Dans le domaine technique, le besoin en techniciens électriciens et informatiques reste toujours très élevé. Au niveau tactique, on recherche surtout des plongeurs démineurs et des démineurs sous-marins. Du fait des missions toujours plus nombreuses, les effectifs et les matériels atteignent souvent leurs limites. La prise en charge de 800 réfugiés sauvés sur une frégate de la classe Saxe, dimensionnée normalement pour 250 personnes, sollicite la logistique de bord jusqu'à l'extrême.

Le recours à plusieurs équipages

Afin de préserver les effectifs et d'optimiser l'équipement, le recours à plusieurs équipages a fait ses preuves. « Séparer l'équipage et la plate-forme a été une processus douloureux dans la marine » explique le chef d'état-major. Mais ce processus aide à économiser des moyens financiers et personnels et des voies de transit. Les frégates modernes de la classe 125 peuvent rester sur zone jusqu'à deux ans sans maintenance, seulement l'équipage est remplacé tous les 4 mois. Ainsi, la capacité de durer des plates-formes est optimisée et le transit des bâtiments est réduit à un minimum.

« C » signifie combat

Il semble que les nouveaux bâtiments de combat polyvalents 180 devraient avoir une capacité de durer encore plus élevée. Selon le chef d'état-major de la marine, la mission principale de ces navires est le combat. Il a été prévu d'installer un équipement modulaire sur ces navires. En fonction de la mission, il est possible d'ajouter ou d'échanger des capacités de guerre électronique, de chasse anti-sous-marine ou d'engagement ou de défense de nageurs de combat. « Mais il ne faut pas que cette flexibilité soit acquise au détriment de la force de combat de la plate-forme » explique le chef d'état-major. L'adaptation de modules loin du port d'attache est compliquée et dispendieuse. C'est pourquoi les systèmes d'armes d'autodéfense et l'escorte de convoi resteront obligatoires et ne constitueront pas des modules optionnels sur les bâtiments de guerre allemands.
Il ne s'agit pas seulement de développer de nouvelles capacités. Le maintien des capacités existantes est également très important. D'après le chef d'état-major de la marine, il faut 30 ans pour restituer une capacité une fois perdue. La chasse anti-sous-marine par exemple est une telle capacité, précise-t-il. Les dernières décennies, la chasse aux sous-marins en plongée en coopération entre forces maritimes et forces aériennes a été un scénario plutôt improbable, pourtant une mission extrêmement exigeante. « Vous chassez quelque chose que vous ne voyez pas », c'est ainsi que cet officier sous-marinier décrit cette action.

Quo vadis, marine ?

Ce que les auditeurs voudraient savoir naturellement, c'est quel sera, selon ce haut responsable de la marine, l'avenir de son armée d'appartenance. A cette question l'amiral Krause répond sans hésiter : « Le bâtiment de combat polyvalent 180 est déjà l'avenir. Nous parlons ici de périodes de vie qui vont jusqu'en 2070. » Le laser et les drones sont aussi en passe de quitter la science-fiction et de devenir une réalité opérationnelle en haute mer. Comme toute la Bundeswehr, la marine fête aussi son 60e anniversaire. Les 60 ans à venir seront aussi turbulents que les 60 ans écroulés. « Savoir combattre pour ne pas être obligé de combattre » restera une devise qui aidera la marine à contourner même les bas-fonds les plus dangereux.

 

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